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Déclaration du PCF 33 pour l'ouverture du mariage et de l'adoption pour tou(te)s.

Les périodes de révolution politique et de progrès social sont favorables à l'égalité des droits, sans discrimination en fonction de la sexualité. Avec la révolution française, la France est le premier pays à abolir le crime de sodomie – catégorie pénale qui s'appliquait aux personnes qualifiées aujourd'hui d'homosexuelles. Le 12 décembre 1917, en Russie, la promulgation du code pénal révolutionnaire abolit l'ancien code tsariste et, de fait, dépénalise l'homosexualité.

 

1981, retour en France. La gauche accède au pouvoir. S'ouvre alors une (trop courte) période de progrès politiques et sociaux : revalorisation du SMIC et des bas salaires, réduction du temps de travail à 39h, généralisation de la cinquième semaine de congés payés, etc. Les questions sexuelles ne sont pas oubliés avec la création d'un Ministère des droits de la femme et la lutte contre les discriminations juridiques touchant les personnes homosexuelles. Robert Badinter affronte les parlementaires de la droite afin de supprimer le « délit d'homosexualité » du code pénal, disposition scandaleuse héritée du régime de Vichy. C'est à Jack Ralite, ministre communiste de Pierre Mauroy, que revient l'honneur de récuser la classification de l'Organisation mondiale de la santé considérant l'homosexualité comme une maladie mentale.

 

Depuis, militant(e)s, dirigeant(e)s et élu(e)s communistes - ou simplement républicains de progrès - n'ont cessé de s'engager pour l'égalité des droits, quelque soit l'orientation sexuelle. En 1990, Jean-Luc Mélenchon – depuis devenu candidat du Front de gauche à l'élection présidentielle de 2012 – dépose la première proposition de loi visant à instaurer un partenariat civil ouvert aux couples homosexuels. En 1998, les parlementaires communistes soutiennent le projet du PACS. Néanmoins, l'instauration d'une véritable égalité nécessite d'aller plus loin. En 2005, Marie-Georges Buffet, André Chassaigne et les membres du groupe des député(e)s communistes et républicains déposent une proposition de loi pour instaurer « l'égalité de droit de tous les couples ». Il s'agit de lutter contre les discriminations que les couples de même sexe subissent au niveau des dispositions testamentaires, du droit à un séjour stable pour les personnes de nationalité étrangère ou en ce qui concerne  l'adoption. Le 11 février 2012, c'est face au caractère insupportable des discriminations que subissent encore les couples homosexuels et avec la volonté de remédier à ces injustices que Claudine Cordillot, maire communiste de Villejuif, prend l'initiative de célébrer un mariage entre deux personnes de même sexe, suivant ainsi l'exemple donné par un édile girondin. Aujourd'hui encore, par rapport à des pays comme l'Espagne ou la Hollande, la France est à la traine.  

 

C'est donc sans surprise que l'on retrouve le Parti communiste français et le Front de gauche parmi les plus fervents défenseurs de l'égalité entre tous les couples. Oui, il faut que tous les couples puissent avoir accès au mariage, à l'adoption et à la procréation médicalement assistée. Ces nouveaux droits concernent également les personnes trans' qui pourraient rester unies par les liens du mariage en cas de changement d'état civil.

 

Ces droits ne doivent souffrir d'aucune restriction, d'aucune « liberté de conscience » autorisant certains représentants de l'État à ne pas appliquer la loi. Cela reviendrait à maintenir la distinction entre les unions et entre les sexualités, certaines étant plus légitimes que d'autres. Ces revendications en faveur de l'égalité des droits sont ainsi l'occasion de réaffirmer et de promouvoir l'égale dignité des personnes. Nul ne peut souffrir d'actes ou de propos humiliants, discriminatoire, ou de violences en raison de sa sexualité – réelle ou supposée. Il est nécessaire de lutter contre toute espèce d'homophobie ou de transphobie, etc. Cette ouverture des droits au mariage, à la filiation et à la procréation est un pas positif vers la promotion de l'égalité dans toutes les sphères de la société, sans discrimination en raison du sexe ou de l'orientation sexuelle. Combien d'ouvrières et d'ouvriers, d'employé(e)s, de fonctionnaires, de travailleuses et de travailleurs, d'étudiant(e)s subissent ou vivent dans la peur de subir des pressions homophobes, sur leur lieu d'étude et de travail, dans leur accès au logement, aux loisirs, etc.? Dans cette promotion de l'égalité des droits, les communistes voient une avancée vers une société libérée de tous les rapports de domination, d'exploitation et d'oppression.

 

Bien sûr, face à ces revendications, droitiers, conservateurs et réactionnaires de toutes sortes s'élèvent. Serge Dassault, tenant du grand capital et fraudeur électoral patenté, s'indigne et déclare que les rapports homosexuels seraient la cause de la future décadence de notre civilisation.  Si nos sociétés, par leur incapacité à répondre aux besoins les plus essentiels de millions de personnes sont bien décadente, c'est à cause du capitalisme, pas de l'homosexualité. Ces propos sont irresponsables. Si Serge Dassault est bien placé pour savoir que l'impérialisme tue – même quand il prend pour prétexte la mise en place de l'égalité entre les sexes et les sexualités, il convient de lui rappeler que l'homophobie tue également. Par cette incitation à la haine homophobe, ce grand patron joue la division des travailleuses et des travailleurs. Il flatte les fiertés mesquines ; celles qui conduisent à se résigner à sa condition laborieuse parce qu'on se satisfait de se sentir supérieur en raison de sa nationalité, de sa religion, de son sexe ou de sa sexualité. Tout cela tire vers l'extrême-droite. D'autres capitalistes voient dans la marchandisation des contre-cultures LGBT une possibilité de rétablir leurs taux de profit. Le capitalisme - vert ou pink – reste le capitalisme. Sa marchandisation des existences et des modes de vie constitue une entreprise aliénante de normatisation et d'exploitation qui ne peut que nuire à l'émancipation individuelle et collective.

 

Le combat pour l'égalité des droits d'accès au mariage, à la filiation et à la procréation est un combat universaliste. Les sexualités, comme les identités, ne sont pas figées. Personne ne peut se dire hétérosexuel ou homosexuel de manière définitive. Cette extension des droits concerne virtuellement tous.tes les citoyens et les citoyennes. Par le refus de distinguer les couples en fonction du sexe, ou de distinguer les sexualités des personnes, cette avancée législative montre que les droits à la différence passe avant tout par l'indifférence des autorités publiques à certains principes de catégorisation.     

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