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La réforme des rythmes scolaires marque le désengagement de l’Etat dans l'éducation physique, sportive et artistique...

Extrait de la Lettre du Réseau Ecole du PCF - nov/déc 2012

 

La réforme des rythmes scolaires ne peut se résumer au débat portant sur le samedi ou mercredi. Le discours qui accompagne cette réforme est un discours dangereux où l’instrumentalisation de la fatigue des enfants à l’école va desservir les enfants des classes populaires, sous prétexte qu’ils sont fatigués c’est une fois de plus, moins d’école pour ceux qui en ont le plus besoin. L’échec scolaire n’est pas le fait d’élèves fatigués par les rythmes scolaires mais de jeunes que l’école n’arrive pas à faire entrer dans les apprentissages.

 

Nous voulons plus et mieux d’école, premières pistes

Ce qu’il faut interroger, c’est l’école : sa finalité, les contenus enseignés, ses programmes, la formation initiale et continue des enseignants et personnels éducatifs et la prise en compte de la difficulté scolaire, par et dans l’école, en prenant pour modèle de référence les enfants qui n’ont que l’école pour appren - dre.Ce qu’il faut interroger, c’est le « temps ». Les enfants ont besoin de temps pour apprendre… scolarité obligatoire de 3 à 18 ans. Les enseignants et personnels de l’éducation nationale ont besoin de temps pour travailler en équipe, se nourrir, se former et penser leurs métiers. Ils ont besoin de temps pour se réapproprier leur travail et être concepteurs de leurs pratiques professionnelles.

 

Ce qu’il faut interroger, c’est le contour de la «culture commune » que l’école doit construire et transmettre à tous. La réforme des rythmes scolaires marque le désengagement de l’Etat concernant les disciplines scolaires non inscrites dans « le socle commun de connaissances et de compétences » notamment l’éducation physique et sportive, les disciplines artistiques, musique… et leur transfert vers les collectivités territoriales via le temps hors scolaire : « […] il y aura d’avantage de pratiques culturelles et de pratiques sportives aucun enfant ne sera laissé en dehors de l’école avant 16 h 30 et avec les collectivités locales les mouvement d’éducation populaire l’état prenant, comme l’a dit très exactement le président de la république, ses responsabilités, nous organiserons cette grande réforme du temps scolaire et du temps éducatif » (V. Peillon, « Premiers arbitrages après la remise du rapport de la concertation sur la refondation de l’école de la république », conférence de presse 11 octobre 2012). 

Le « socle commun de compétences et connaissances » limite le rôle de l’éducation physique et sportive à des objectifs de santé (version hygiéniste = bouger) et de paix sociale (sport = respect des règles). Il impose à l’école de valoriser des connaissances, des compétences et des aptitudes, sans lien avec la culture, « utiles » à la formation de jeunes « employables ». c’est un voeu cher au MEDEF ! et non une ambition louable pour un gouvernement de gauche. L’éducation physique et sportive à l’école est un enseignement privilégié pour réhabiliter, dans l’école, les savoirs collectifs dans lesquels l’autre est une ressource, le besoin de l’autre est une condition pour réussir. nous pensons que l’école doit être le lieu privilégié de construction, transmission et partage de culture.

Il faut en finir avec le « socle commun » et enseigner à tous une « culture commune » fondée sur la réflexion et l’esprit critique.

Ce qu’il faut interroger, c’est l’égalité du droit à l’éducation

Avec la réforme des rythmes scolaires le gouvernement compte faire des économies en renvoyant hors de l’école l’éducation physique sportive et artistique transférée vers les collectivités territoriales via le temps hors scolaire. cette prise en charge ne fera qu’aggraver les inégalités d’accès aux pratiques culturelles, sportives et artistiques dans notre pays. Pouvoir avoir des pratiques culturelles, sportives et artistiques en dehors de l’école c’est possible, ne pas pouvoir en avoir à l’école ce n’est pas possible ! Tout simplement pour une question d’égalité de droit : l’école est le seul lieu d’accès à la culture au sport et à l’art pour tous et d’appropriation de pratiques culturelles, sportives et artistiques pour tous.  Toutes les collectivités ne disposent pas des mêmes moyens financiers ni ne développent les mêmes choix, engagement politique en direction de la culture et l’éducation. dans le même temps soumises à une austérité décentralisée elles engageront des partenariats financiers avec des fondations d’entreprises ou autre et nous le savons les payeurs décident aussi des orientations et contenus, choisissent leur public, attendent un retour sur investissement… bref, rien qui ne puissent contribuer au « plus et mieux d’école », aspiration forte exprimée dans les luttes.

 
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