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Résolution adoptée lors du congrès départemental des 28 & 29 mai 2016

Résolution adoptée lors du congrès départemental
de la Fédération de la Gironde du PCF
 

Depuis le mois de janvier les communistes sont en congrès. La discussion sur la stratégie en vue de 2017 a été l'objet de nombreuses discussions dans toutes les instances de notre parti.

1.    Les Primaires

Le cœur des débats, des discussions, des confrontations a été sur la question des primaires. Force est de constater que plutôt que nous permettre de construire une réponse collective pour 2017, les primaires ont clivé le débat des communistes, pour ne pas dire figé.
Pour autant, la proposition d'une primaire de gauche, (et non de la gauche), fondée sur les contenus d'une politique en rupture avec les choix gouvernementaux a contribué au débat sur l'alternative.
Si certains y ont vu une opportunité de rassemblement d'autres ont relevé les risques de personnalisation du débat reléguant au second plan les questions de contenus, voir un alignement derrière un candidat issu du social-libéralisme. Elles avaient pour objectif, pour ses initiateurs, de bousculer le scénario déjà établi et d'éviter le double piège de la dispersion des candidatures et d'une candidature de Hollande, présentée comme seul rempart à la droite et l'extrême droite. Elle comportait à n'en pas douter des dangers et des incertitudes importantes.
Donc pour un grand nombre de communistes cette proposition politique ne correspond pas au besoin du moment et voir recèle de nombreux dangers. Ils l'ont exprimé dans leur vote lors de la consultation, mais aussi lors des débats lors des congrès de section.
Il nous faut sortir de cette situation par le haut.

2.    La question stratégique :

En centrant notre texte de congrès sur 2017, nous avons fait l'impasse sur une question essentielle qui doit faire l'originalité du PCF, celle de sa stratégie de transformation de la société.
L'actualité, l'accentuation de la crise économique, sociale, politique, les attaques répétées des forces du capital, la crise grecque, les difficultés du Front de Gauche, tous ces éléments de contexte, auraient dû appeler à ce que nous nous penchions sur notre stratégie, en partant du réel, de nos expériences, de nos difficultés, mais aussi de nos réussites.
Où se concentrent les principales victimes de la violence du capitalisme ? Où se joue l'affrontement le plus fort entre le Capital et le Travail ? Comment les nouvelles formes d'exploitation du travail modifient la conscience de classe ?
Comment travailler l'ensemble des contradictions qui traversent notre société, comment peser sur celles-ci ? Quelles pratiques politiques développer ? Quelle place des luttes dans notre construction ? Quelle articulation entre la protestation et les propositions? Comment faire rentrer les milieux populaires dans la bataille politique ?  Face à la résignation, à l'isolement comment reconstruire une pédagogie de l'espoir ? Quel rassemblement construire ?  

Autant de questions qui,  si elles sont parfois abordées dans certaines parties du texte, ne sont pas articulées entre elles, n'ont donc pas de cohérence, et ne font pas sens pour la grande majorité des communistes. C'est un des défauts majeurs de ce texte de congrès qui demande donc un nouveau moment de débat, afin de clarifier nos positions, nous mettre en situation offensive pour les mois et les années à venir.

3.    Une situation politique périlleuse mais porteuse de possibles.

Depuis la crise de 2008 les attaques des forces de l'argent se sont accélérées. La présidence Sarkozy puis celle François Hollande, ont été aux ordres des grands groupes du CAC 40, tout comme la commission européenne. La généralisation des politiques d'austérité budgétaire, la libéralisation incessante de l'économie, ont plongé des milliers de Français dans la difficulté et accentué les contradictions du système économique. Cette situation crée de la rancœur, du désarroi, la peur de plus en plus grande du déclassement. L'absence de différence entre les politiques sociales-libérales et libérales  met en danger la notion même de démocratie.
Il faut amplifier la bataille pour la 6e République.
C'est sur ces politiques et cette situation que les forces d'extrême-droite grandissent en Europe, elles se placent comme les forces du recours.
L'Autriche vient d'échapper de peu à un cataclysme politique. Mais dans d'autres pays, la Pologne, la Hongrie, l'Ukraine, l'extrême-droite est au pouvoir. Pour notre pays le danger est grand que les échéances à venir se jouent entre une extrême-droite relookée mais fidèle à sa tradition et une droite durcie par 5 ans de social-libéralisme.  Ce serait un scénario mortifère pour notre peuple.
Cependant la montée en puissance du mouvement contre la loi travail sonne le réveil d'un mouvement social atone depuis 4 ans,  assommé par les trahisons répétées du pouvoir socialiste. La montée en puissance de ce mouvement que ce soit sur les réseaux sociaux avec la pétition contre la loi El Khomri, dans la rue par les mobilisations, sur les places avec les nuits debout, ou dans les entreprises avec  des grèves, montre que « le trop c'est trop » a grandi dans une partie de la population.
Ce mouvement montre que des aspirations, des potentialités existent dans notre pays pour sortir des logiques libérales qui dominent.
Il faut pour cela la nourrir de contenu comme nous le faisons avec la campagne « 0 chômage », mais il y aussi une urgence à lui offrir une perspective politique.

4.    Urgence politique :

Un impératif s'impose à nous au vu de la situation, celui d'aider au rassemblement politique de ceux qui aujourd'hui se battent contre la loi travail, ceux qui n'en peuvent plus des politiques austéritaires. Notre priorité doit être le rassemblement de ces hommes et de ces femmes, de leur donner la parole comme nous le faisons avec « que demande le peuple », mais aussi par tout autre moyen qui peut nous apparaître pertinent.  
Cette irruption populaire est possible, nécessaire et salvatrice dans la période que nous traversons.
La proposition d'organiser des États généraux du changement, par circonscription, peut avoir rapidement un écho important dans la population, et notamment chez celles et ceux qui luttent.
Il existe aujourd'hui une vrai recherche à gauche, dans laquelle nous pouvons apporter des réponses, à la condition d'être nous-mêmes, c'est à dire : porteurs de contenus transformateurs et rassembleurs.

Le Front de Gauche élargit sur une base citoyenne peut être un outil de conquête à condition qu'il soit un rassemblement qui aide à faire bouger la  société sur un contenu en rupture avec l'ordre libéral, qui aide à faire émerger  et non un instrument pour une guerre de tranchée entre deux gauches.

Nous refusons que cette recherche politique se limite à celle d'un casting pour l'élection présidentielle. Nous pensons que la question primordiale est celle d'un rassemblement d'abord sur des contenus transformateurs, et que pour nous les élections législatives doivent être premières. Les effets délétères de l'inversion du calendrier électoral et du choix du quinquennat ne sont plus à démontrer. En fixant comme priorité les élections législatives, nous procéderions, à notre tour, à l'inversion du calendrier électoral au profit du débat législatif, et à la mise en place de la proportionnelle à toutes les élections. Pour cela notre programme l'Humain d'abord est une base de départ intéressante.

Il y a urgence pour aider au rassemblement et offrir une perspective politique, à créer une alliance des forces de transformations sociales anti-austérité.
La signature d'une motion de censure de gauche, l'appel des 100 ouvrent de nouvelles perspectives pour les échéances à venir.

Le mouvement social contribue grandement à faire évoluer sans cesse la situation politique dans un contexte global de recomposition politique. Nous devons être à l'offensive politique et en mouvement. Le but est de sortir de l'impasse de la présidentialisation, chercher à faire grandir l'idée qu'une majorité de femmes et d'hommes engagés peuvent construire à partir de leur expérience et proposer une offre politique nouvelle débouchant sur une majorité de gauche de transformation pour 2017.

Il ne s'agit pas d'en faire l'alpha et l'oméga de notre stratégie, mais comme une réponse concrète à une question politique donnée, une étape dans notre vision de transformation. Cela appelle des compromis, des accords, sans doute à terme une plate-forme.
Cela demande surtout que nous soyons offensifs, ambitieux pour notre peuple et pour nous mêmes.

La candidature à la présidentielle doit être une candidature de rassemblement qui porte l'ambition d'être présente au second tour. La campagne présidentielle doit être une étape pour faire gagner nos idées. Elle ne peut être l'œuvre d'un homme ou d'une femme seule, ni d'une bataille d'égos, de recherche hégémonique entre les Etats Majors mais doit émerger de la vie réelle dans chaque circonscription comme au niveau national.  

Dans ce cadre, au même titre que d'autres candidatures, un homme ou une femme issue du PCF, peut être l'incarnation de ce rassemblement, comme le démontre le travail à l'Assemblée Nationale, ou le rôle de certains camarades dans les mouvements sociaux.

5.    Sur le rôle de notre Parti :

Nous avons l'ambition que le Parti communiste joue un rôle majeur dans les mois et les années à venir.
Nous devons œuvrer partout où c'est possible à élargir le rapport de force.
Pour cela nous devons nous donner comme priorité de mener de grandes campagnes nationales comme la campagne « 0 chômage »,  permettant des batailles concrètes qui structurent notre organisation, qui construisent des majorités d'idées.
Cela demande des objectifs et un suivi dans le temps.
Les conquêtes électorales (sièges comme résultats) sont aussi des éléments de la bataille des idées et structurent le rapport des forces institutionnel. Si elles ne sont pas notre seul objectif, elles doivent faire pleinement partie de notre stratégie de construction de l'alternative à tous les niveaux.  

Résolution adoptée le dimanche 29 mai 2016
 

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