CUB Pour un vrai droit opposable
Le groupe communiste a manifesté sa désapprobation en ne participant pas au vote sur les aides au logement.
2 décembre 2007
Vincent Maurin, conseiller mu- nicipal de Bordeaux, est inter- venu pour expliquer la position du groupe sur ce sujet brûlant. « Tout le monde se souvient de l’émotion suscitée par l’appari- tion de tentes sur les bords du canal Saint Martin et à Bor- deaux sur les allées de Tourny. Cet événement reste le symbole de la crise du logement qui per- siste dans notre pays, mais éga- lement de la réalité de la misère qui sévit. La mise en place de la loi du droit au logement opposable était cen- sée répondre à cette exigence de permettre à chacun de pouvoir accéder à un logement. Cependant on voit combien cette exigence a du mal à trouver une réponse dans le cadre des politiques ultra-libérales. Pour preuve, derrière tous les discours sur le plan de cohésion sociale, des nouveaux crédits accordés pour ce plan, la réalité reste implacable, le logement privé est le plus aidé en France (75% des aides publiques). Alors, comment parler de droit opposable quand la puissance publique continue d’aider le lo- gement spéculatif ? Nous avons là l’impression d’être dans un effet d’annonce, qui se traduit par une mise sous pression des collectivités, sans leur donner l’ensemble des moyens suffisants pour répondre aux besoins. C’est en premier lieu l’arrêt de toutes les expulsions locatives. C’est la réquisition, dans les plus brefs délais, des logements et immeubles vides afin de ré- pondre aux besoins urgents de ceux qui dorment dehors. C’est l’exigence d’un blocage des loyers afin de stopper la spéculation et permettre aux ménages de faire face à leur charge locative. Un vrai droit au logement oppo- sable, cela demande la construc- tion d’un grand nombre de logements sociaux et donc le respect de la loi SRU. Et bien évidemment, il faut que nous soyons beaucoup plus ambitieux pour les logements de type PLAI et PLUS notamment, mais pas seulement, dans les communes déficitaires. Voilà vers quels objectifs la loi « Dalo » devrait nous permettre d’aller. Mais elle est viciée par les choix portés par ses géniteurs politiques. On en arrive ainsi à cette aber- ration que la CUB, initiatrice d’un vrai plan d’urgence pour le logement, qui fait des efforts conséquent depuis maintenant 2 ans en terme de logement social, ne peut atteindre les objectifs pourtant nécessaires. Une des raisons est que nous nous trouvons aujourd’hui face à des difficultés financières pour répondre aux besoins. Mais ce n’est pas dans la contes- tation comptable que nous trou- verons la solution. Il faut arrêter de prendre cette question par le seul bout de la gestion, au risque de rester en- fermé dans le carcan actuel. A l’image des associations nous devons être offensifs et exiger un plan d’urgence national sur le logement social, qui nous permette de financer les objec- tifs qui sont des besoins pour la population. »

