First Aquitaine Industrie Aides publiques

Les deux vice-présidents communistes de la CUB et du Conseil général s’adressent publiquement au Préfet pour un suivi démocratique de l’utilisation de ces aides


3 novembre 2009

Dans un courrier au Préfet du 23 juillet 2009, ils avaient proposé la mise en place d’un comité de suivi concernant le devenir de l’entreprise First Aquitaine Industrie (FAI).

« Il s’agissait pour nous de faire vivre un espace démo- cratique et de concertation réunissant TOUS les acteurs économiques et sociaux, per- mettant une totale transpa- rence pour assurer la recon- version industrielle du site de Ford Blanquefort.

Dans votre réponse du 14 août 2009 vous nous informiez de la réunion d’un comité de pilo- tage de coordination adminis- trative auquel participaient les représentants de HZ Holding (le repreneur), et les différents services de l’Etat afin d’arrêter un calendrier pour la réalisation d’un nouveau bâtiment de pro- duction de pièces métalliques de grandes dimensions pou- vant servir notamment dans les éoliennes.

Vous nous indiquiez également que « le montant des investisse- ments n’est pas encore connu avec certitude » et que « les aides publiques qui pourraient intervenir sont d’une part celle du Conseil régional par le FE- DER, et d’autre part, celle de l’Etat, à l’aide d’une PAT. » Compte tenu du calendrier fixé nous allons devoir nous pro- noncer dans nos assemblées sur des participations financiè- res publiques sans avoir plus de précisions sur le montant total des investissements et sur les retombées attendues en termes d’emplois.

A insi il est proposé au x conseillers généraux de la Gi- ronde « compte tenu de l’en- jeu en matière d’emplois » de « concourir aux investissements envisagés dans le cadre de la reprise par FAI à hauteur de 2,9 millions d’euros, dont le paiement s’effectuera en cinq années. » Vous comprendrez alors no- tre étonnement et la raison de notre exigence renouvelée de voir la création d’un comité de suivi.

Ce comité devant intégrer notamment les élus locaux et les représentants des sa- lariés permettant que tous soient au même niveau d’in- formation et offrant des ga- ranties sérieuses avant le vote des élus. Une mesure d’autant plus né- cessaire qu’à ce jour les salariés n’ont aucun pouvoir dans l’en- treprise pour l’orientation des financements.

Si des outils permettant l’ac- compagnement de la recon- version industrielle du site ont été mis en œuvre comme le plan stratégique de déve- loppement de compétences fi- nancé par l’Etat et le fonds so- cial européen, il reste certaine- ment d’autres leviers à action- ner comme le fond participatif d’Oseo de 1 milliard d’euros, pouvant aller jusqu’à 3 millions d’euros par dossier.

Mais au-delà il s’agit de mobi- liser le secteur bancaire pour continuer à fournir à l’écono- mie les disponibilités nécessai- res puisque trop souvent les col- lectivités locales sont amenées à compenser les défaillances de ce secteur. Ce qu’illustre bien la situation de FAI. Nous pensons que tout dé- montre la nécessité de réo- rienter le crédit bancaire. Ce serait, d’ailleurs, une contri- bution nationale immédia- te à l’effort de réorientation de tout le système européen de banques centrales et de la BCE elle-même.

Dès le niveau régional,on créerait des fonds régionaux pour l’emploi et la formation (FREF). Ils constitueraient les fondations nécessaires pour la création d’un Fonds National pour l’Emploi et la Formation (FNEF). Celui-ci, de concert avec un pôle financier public, autour notamment de la Caisse des Dépôts, de la Banque Pos- tale et d’Oséo, réorienterait le crédit pour réaliser, chaque année, des objectifs chiffrés nationaux contraignants de création d’emplois et de mise en formation, dans le cadre des enveloppes annuelles de crédit accordées, sous le contrôle des parlements européens et natio- naux, par la BCE et la Banque de France.

Dans l’attente de cette réfor- me, les aides de nos collectivi- tés locales devraient servir de levier pour mobiliser les finan- cements du secteur bancaire en permettant de baisser les taux d’intérêts. Si nous ne rejetons pas par prin- cipe l’intervention publique permettant le financement de la reconversion industrielle du site de Ford Blanquefort, nous estimons que cette participa- tion doit permettre de lever les obstacles pour le recours aux financements bancaires.

Pour que les banques rem- plissent leur rôle dans l’ac- compagnement de FAI et la préservation des emplois, nous vous demandons d’in- tervenir afin de s’assurer qu’elles respectent bien les engagements pris au niveau national justifiant alors les milliards d’aides publiques dont elles ont bénéficié. »