L’éducation, un enjeu idéologique


10 décembre 2007

L’école repré sente un enjeu stratégique de première im p o r t an ce p o u r l e s fo rce s réactionnaires qui ont décidé de remodeler la société française. Depuis de nombreuses années, l’école est attaquée. Accusée de tous les maux, elle est sommée de s’adapter et de se conformer aux exigences du capital.

Fa c e à c e t t e e n t r e p r i s e d e d é c o n s t r u c t i o n d e l ’é c o l e républicaine, la résistance s’organise mais, à bien des égards, reste vaine. Entre nostalgie de l’école de papa et renoncement, les enseignants comme les parents apparaissent perdus.

La droite se joue des contradictions d’une école en crise qui ne répond plus, ou imparfaitement, aux attentes de la société . 15 % des élèves sont encore en difficulté à l’issue de l’école primaire. Nous ne pouvons plus défendre un modèle illusoire qui enregistre et reproduit les inégalités sociales. Il est urgent de porter un projet ambitieux d’une école de

l’égalité, de la justice et de la réussite pour tous.

Si des moyens importants sont n é ce s s aire s , il s ne se seront pas suf fisants. Au regard des défis technologiques, scientifiques, éco- logiques et démo- cratiques du 21ème siècle, l’école doit se sentir entière- ment responsa - ble d’enseigner à chacun les savoirs et de l’accompa-

gner dans le dé- veloppement de sa réflexion per- sonnelle.

La nouvelle mission de l’école devrait être non seu- lement d’enseigner à affronter individuellement les problèmes de la vie, mais aussi à interroger le monde et à comprendre les problèmes, de la nation jusqu’à la planète. Cela suppose de repenser les contenus, les méthodes d’enseignement, le travail d’équipe, la forma- tion des enseignants, le rôle des partenaires de l’école (parents, éducateurs, personnels de santé, etc.). Si l’on considère avec le sociologue Edgar Morin que « pour la première fois naît une communauté de des- tin pour l’humanité, partout confronté aux mêmes périls » alors il est sans doute impérieux de former des consciences autonomes, des citoyens acteurs. Ce n’est pas seulement l’individu qui a intérêt à un haut niveau de formation mais la société tout entière.

Le débat sur l’école ne doit pas être confisqué par des techniciens et jouer démagogiquement des frustrations des uns contre les attentes des autres. Cela exige de redéfinir collectivement, démocratiquement une poli- tique ambitieuse et progressiste pour l’école.

Il est temps de franchir un nouveau cap scolaire, celui d’une réelle démocratisation de l’enseignement.