Le Père Noël Sarkozy « offre » la France au MEDEF

La suppression de la taxe professionnelle est avant tout un joli cadeau pour les entreprises : une économie de 11 milliards d’euros dès 2010, puis de 6 milliards d’euros chaque année suivante.

Une fois de plus, les grandes perdantes seront les familles appelées à compenser cette perte de recettes.


6 décembre 2009

Mais c’est aussi inquiétant pour les entreprises concernées par les investissements publics, 73 % de ceux-ci étant en effet réalisés par les collectivités territoriales.

Le MEDEF réclame depuis 30 ans la disparition de cette taxe : le Père Noël Sarkozy veut enfin répondre sur cet aspect à cette vieille demande et offre la France à ce MEDEF qui, rappelons-le, a déjà engrangé les exonérations, bouclier fiscal, mais ne s’est jamais engagé pour sortir les millions de français en détresse de leur situation.

Au contraire, même après la crise finnancière de l’an dernier, dont nous ne sommes pas encore sortis, c’est la logique de rentabilité financière maximum qui redémarre pour satisfaire les seuls actionnaires.

J’ai débuté mon propos par la suppression de la taxe professionnelle car elle touche vraiment la vie des gens : elle représente 50 % des ressources fiscales, les ménages contribuent pour les autres 50 %. Avec cette réforme, les menages vont représenter 75 % des recettes contre 25 % pour les entreprises. Cette suppression va aussi modifier sérieusement le lien entre les territoires et les entreprises.

Mais cette réforme s’inscrit dans un projet plus large de remise en cause des collectivités territoriales, du service public communal et territorial.

Les suppressions d’emploi dans la fonction publique, la loi sur la mobilité récemment adoptée génèrent des luttes dans de multiples services, car ces personnels mesurent le niveau de la remise en cause des services publics.

La suppression de centaines de milliers d’élus, alors que la plupart sont bénévoles, est une sérieuse remise en cause de la vie démocratique de nos communes, communautés de communes, départements et régions : au delà de la représentation pluraliste dans toutes les institutions, c’est aussi le respect des électeurs qui est en jeu.

Nicolas Sarkozy vise la concentration des pouvoirs pour livrer au marché tous les services et secteurs rentables.

Les élus communistes ont déjà engagé le combat pour empêcher ce mauvais coup. Mais pour faire reculer le Président de la République, nous avons souhaité, conjointement, PCF et ADECR, poser ce sujet publiquement pour inviter la population à s’impliquer dans cette action.

Distribution de tracts devant les mairies et les collectivités territoriales, pour que les personnels de ces collectivités s’engagent, certains d’entre eux sont déjà très sensibilisés et mobilisés, Interpellation de tous les élus dans les conseils municipaux pour qu’ils décident eux-mêmes d’informer, d’alerter les citoyens, Réunions publiques pour révéler le contenu néfaste de ce projet. Invitation aux organisations syndicales pour réfléchir à des actions rassembleuses,

L’heure n’est pas à la fatalité ! Et il existe des propositions alternatives.

Devant ce que nous qualifions d’enjeu de société, la population a le droit à l’information et au débat sur ce sujet.

Pour autant, nous ne sommes pas partisans du statu quo ni sur la taxe professionnelle, ni sur le fonctionnement des collectivités territoriales.

Sur la taxe professionnelle, nous proposons de modifier l’assiette de calcul pour la rendre plus juste et plus équitable, afin de favoriser les entreprises créatrices d’emplois, et inversement taxer davantage les sociétés bancaires, financières, les groupes de la grande distribution aujourd’hui largement exonérés, mais aussi inclure les actifs financiers des entreprises. Enfin, mettre en œuvre une juste répartition du produit de cette taxe au plus près des territoires, par la perception directe et par une péréquation renforcée.

Sur la réforme des collectivités, au lieu de supprimer une vie démocratique déjà insuffisante, nous proposons de donner la priorité à plus de pouvoir pour les citoyens, de mettre au cœur des politiques locales, des mutualisations, des coopérations, un aménagement du territoire fondé sur la solidarité, plus de service public par un plan de reconquête, de développement, d’amélioration et de création des services publics.

Pour le PCF, Michel Dubertrand Pour l’ADECR, Claude Mellier