déclaration de Jean-Jacques Paris sur la LGV


13 janvier 2010

20 milliards pour la LGV, est-ce vraiment une priorité ?

La question mérite d’être posée, surtout quand il s’agit d’impliquer les collectivités locales dans le financement pour une part non négligeable, alors que par ailleurs le gouvernement leur reproche de trop dépenser et qu’elles ont beaucoup de mal à boucler leur budget pour assumer leurs propres investissements.

Si l’on ajoute que cette infrastructure sera livrée par concession à un grand groupe du BTP qui devra rentabiliser l’opération avec des répercussions sur la tarification, il est légitime d’alerter l’opinion sur les risques liés au financement de ces projets, tant pour les collectivités que pour les usagers.

Ajoutons à cela les conséquences sur l’environnement des tracés préconisés et la réprobation qu’ils engendrent et l’on peut mesurer qu’aucune condition n’est remplie permettant de valider cette infrastructure quels que soient par ailleurs les progrès qu’elle serait susceptible d’apporter et qui mériteraient d’être mieux évalués en terme de service rendu à la population, d’amélioration concrète des déplacements du plus grand nombre, de développement du service public ferroviaire et de sa complémentarité avec les autres modes de transport.

Alors que le gouvernement a décidé de recourir à l’emprunt à hauteur de 35 milliards, il doit, s’il considère que la LGV participe d’un enjeu national et prioritaire, se donner les moyens de son financement et entreprendre alors une concertation digne de ce nom. Ainsi, les collectivités locales pourront orienter tous leurs moyens vers les investissements qui leur reviennent d’engager pour les populations de leurs territoires respectifs.