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La Ciotat. Ami, entends-tu résister Lambruisse ?

le 19 juillet 2014

La Ciotat. Ami, entends-tu résister Lambruisse ?

Il y a 70 ans, plusieurs maquisards ciotadens mourraient pour défendre la liberté face à la haine. Aujourd’hui encore, leur souvenir résonne.

Dans le silence de la montagne, des voix, des chants, s’élèvent comme un cri douloureux empreint d’espérance. Plusieurs Ciotadens sont là, debout, se recueillent. Nous sommes à Lambruisse (04), non loin de Digne. Sur ces terres, il y a 70 ans, un groupe de maquisards fut lâchement assassiné, aux premières lueurs du jour, par les nazis et leurs alliés miliciens à la solde du régime de Vichy. Comme chaque année, bon nombre de personnes, anciens combattants, élus, militants, citoyens, étaient là, le 5 juillet dernier, pour un hommage vibrant.

La chorale ciotadenne « Chœur à cœur » du Cercle de la renaissance a fait le déplacement pour la première fois. La Mairie de La Ciotat a affrété un bus et fourni les fleurs. Celle de Lambruisse a offert les repas. La Marseillaise, puis le Chant des partisans, le Chant des marais, Bella ciao… Des paroles, des cris du cœur, soulevés par les voix puissantes des choristes. L’émotion est là, palpable. Il faut dire que la cérémonie se déroule juste ici, à la ferme Laval, triste théâtre de ces événements tragiques.

Un maquis héroïque

Le 6 avril 1944, après avoir soutiré des informations à leurs camarades tombés deux jours plus tôt à La Braisse, les Allemands font irruption à Lambruisse. Plusieurs centaines, contre une poignée de jeunes résistants. Six heures durant, ils se battront dans le froid glacial de ce début de printemps, jusqu’à tomber, un par un, sous les balles. Ils s’appelaient Henri Diffonty, Jean Romana ou portaient des noms italiens, comme Alfonso Del Viccario et Pasquale Ruggero des FTP-MOI (Franc tireurs et partisans – Main d’œuvre immigrée). Roger Luquet, un des jeunes Ciotadens, fut épargné par le feu. Il sera en revanche fait prisonnier, enfermé aux Baumettes, puis déporté de camp en camp. Jusqu’à sa mort l’année dernière, il demeurait le dernier témoin de cette tragédie. Et, grâce à lui, la mémoire de l’atrocité se transmet.

À la Mairie du village, puis au monument aux morts et jusqu’à la ferme Laval, les discours s’enchaînent. Le sous-Préfet lance un appel à la jeunesse, relayé par Daniel Debrois, Président du comité ciotaden de l’association nationale des anciens combattants de la Résistance (Anacr) : « La crise économique, politique, sociale, que connaît le monde et l’Europe rappelle, sous certains aspects, l’époque des années 30 et explique en grande partie le succès des discours populistes et xénophobes. Nous savons malheureusement ce à quoi ils ont abouti (…) Nous sommes tous ici des passeurs de mémoire. Notre vigilance ne doit pas se relâcher. »

Aujourd’hui encore, le souvenir des morts de Lambruisse résonne, comme pour nous rappeler à notre devoir de résistance.

Baptistin Vuillemot (La Marseillaise, le 19 juillet 2014)

Retrouvez le fil des événements en activant le QR code ou en allant sur www.lamarseillaise.fr.

L’esprit de résistance plus que jamais nécessaire

le 16 June 2014

Cet esprit est d’autant plus d’actualité que les élections européennes, avec 57% d’abstention et 24 députés au F Haine montrent l’affaiblissement d’une démocratie réduite désormais à l’élection présidentielle et prouvent la nécessité d’une VIe République. Le Canard enchaîné résume bien les raisons de résister au FN : «Le FN reste foncièrement d’extrême droite : partisan de l’ordre et de la matraque, obsédé par les immigrés (parfaits boucs émissaires de la crise), défenseur de la chrétienté (sous couvert de laïcité), cocardier pour qui la France n’est pas le pays de la devise Liberté, égalité, fraternité, mais la patrie de Travail, famille, patrie. Faut-il le rappeler ? La dernière fois que la France a essayé le pétainisme, ça s’est mal terminé».

Gérard Simon

Lettre de Léon Landini, vigilant survivant des bataillons FTP-MOI Carmagnole (Lyon) et Liberté (Grenoble)

le 05 June 2014

Lettre de Léon Landini, vigilant survivant des bataillons FTP-MOI Carmagnole (Lyon) et Liberté (Grenoble)

Lettre ouverte pour Ardisson, Société de production de l’émission (salut les terriens) du 2 mars 2013 où était invité Onfray.

Monsieur, C’est avec retard que nous avons pris connaissance de votre émission, dans laquelle vous permettez au sieur Onfray, de vomir son anticommunisme, mettant en cause les FTP-MOI (Franc-Tireur et Partisans de la Main d’Œuvre Immigrée) et en offensant les communistes que nous sommes.

Cet individu, affirme que les communistes français (dont les FTP-MOI étaient un des bras armé) ne sont entrés en Résistance qu’après l’attaque allemande contre l’Union Soviétique et que pendant deux ans ils ont collaboré avec les nazis et qu’ils étaient anti-juifs. Et cette crapule ose ajouter : « Nous leur accorderons tout de même le bénéfice du doute sur les horreurs de la Shoah. En avaient-ils connaissance ? Les idolâtres les plus fanatisés vous diront que non …. ». Oser prétendre, comme il l’a dit, que peu ou prou nous aurins participé à la Shoah, relève de la diffamation.

Il est intolérable que vous rendiez ces vilénies publiques et cela ne vous honore pas de permettre à cet histrion de se donner en spectacle dans votre émission. Pendant la guerre, même les collaborateurs les plus pourris n’ont jamais accusé les communistes et les FTP-MOI d’être anti-juifs, bien au contraire, ils nous désignaient sous l’appellation de judéo-communistes. D’après Onfray, ceux qui nieraient ses fausses révélations ne seraient que « des idolâtres les plus fanatisés ».

En ce qui nous concerne, nous anciens FTP-MOI faisons partie de « ces fanatisés là » qu’il ait donc le courage de venir raconter ces saloperies dans une de nos réunions et il pourra constater à loisir que des vieillards fanatisés de 90 ans seront encore capables de lui faire avaler ces insanités.

Il convient de rappeler, que les combattants FTP-MOI des bataillons Carmagnole-Liberté (unité que des historiens désignent aujourd’hui comme « Le fer de lance de la Résistance armée française») ont été créés à l’initiative du Parti Communiste. Les premiers engagés dans ces unités étaient des anciens des Brigades Internationales en Espagne et la majorité des dirigeants de la M.O.I. ainsi qu’une partie de ses combattants étaient d’origine juive, comme le prouve le nom des fusillés de l’Affiche Rouge.

Dans les cinq premiers créateurs de Carmagnole, il y avait, trois anciens des Brigades Internationales, mais tous les cinq étaient d’origine juive. Nous accuser de porter une part de responsabilité dans la Shoah, c’est nous accuser d’avoir participé à la déportation de nos propres familles, car à la libération combien d’entre nous se sont retrouvés tout seuls, leurs familles ayant totalement disparu dans les fours crématoires d’Auschwitz Ces affirmations sont innommables et tous les mots orduriers figurant sur les dictionnaires sont encore faibles pour dire ce que nous pensons de votre hôte parasite.

Afin que vous sachiez, afin que vous connaissiez les falsifications historiques et les vilénies que vous avez permis de rendre publiques à l’odieux Onfray, nous allons vous démontrer par des preuves incontestables, que les communistes sont entrés les premiers en Résistance contre les nazis.

Oui ! Nous disons bien les premiers ! Et ci-dessous nous allons vous le démontrer. Voici quelques unes des prises de position et d’opérations militaires effectuées bien avant l’attaque contre l’Union Soviétique.

Commençons par le début.

Dès 1936 beaucoup de communistes Français à l’appel de leur Parti, s’engagèrent comme volontaires dans les Brigades Internationales afin de porter secours au peuple espagnol agressé par le général Franco, qui s’était insurgé contre son propre gouvernement. Ce général renégat, était aidé dans ses combats contre la République espagnole, par les nazis et les fascistes italiens venus lui prêter main forte. Bien des années après, le gouvernement français reconnaissait que ceux qui s’étaient engagés et battus dans les Brigades Internationales, n’avaient pas seulement combattu pour défendre la République espagnole, mais qu’ils avaient également été les premiers à prendre les armes pour la défense de la liberté de notre pays. En reconnaissance des services rendus à leur Patrie, le gouvernement Français leur a attribué la Carte de Combattant.

Le 6 Juin 1940 : Le Parti Communiste Français, charge le philosophe Georges Politzer (qui sera fusillé par les nazis) de remettre au ministre Anatole de Monzie un texte en cinq points rédigé par Benoît Frachon. Le dernier point est ainsi libellé : « Il faut armer le peuple et faire de Paris une citadelle inexpugnable ». Il s’agit en fait du premier appel à la Résistance ouverte alors que la France n’a pas encore été envahie. On retrouve l’esprit et parfois la lettre de ce texte dans les tracts clandestins qui seront plus tard diffusés par les militants communistes. (Il en existe des exemplaires au Musée de la Résistance Nationale à Champigny).

Le 16 juin 1940 Les communistes brestois constituent leur premier dépôt d’armes au Bouguen, provenant d’armes abandonnées par l’armée anglaise. Le 17 juin 1940 : Charles Tillon, Responsable National du PCF et futur commandant en chef de tous les Francs-Tireurs et Partisans (FTP) était chargé par la direction du PCF, de réorganiser le Parti Communiste dans le Sud-ouest après les nombreuses arrestations, opérées dans les rangs de PCF. Il lance, un véritable appel à la résistance contre le fascisme hitlérien. Voici quelques phrases de cet appel : « Mais le peuple français ne veut pas d’esclavage, de la misère et du fascisme …. Nous sommes pour un gouvernement, rétablissant la légalité du Parti Communiste, luttant contre le fascisme hitlérien. Nous sommes le nombre nous seront la force. Peuple des usines, des champs, des magasins et des bureaux, commerçants, artisans et intellectuels, soldats, marins et aviateurs encore sous les armes, unissez vous dans l’action ». Il s’agit bien là du premier véritable appel à la résistance contre le fascisme hitlérien lancé après l’occupation de notre pays. Il est utile d’ajouter que des milliers de tracts reproduisant cet appel, furent distribués dans les rues de Bordeaux par des militants communistes.

En Juillet 1940 : A Nantes une famille d’instituteurs communistes nommée Leroy, à saboté une centrale électrique et participé à une distribution de tracts appelant à la Résistance. Le 10 juillet 1940 : L’appel de Maurice Thorez et de Jacques Duclos qui déclare : « Un peuple comme le notre ne sera jamais un peuple d’esclaves ».

En août 1940 : « Dans le Nord, les communistes, Eusebio Ferrari, les frères Martel, les frères Camphin, Debarge et quelques autres incendient plusieurs véhicules de l’armée d’occupation et font sauter un train allemand ». Le 29 septembre 1940 Le commissaire central du département, adresse un rapport au préfet de l’Aube : « Activité du Parti communiste, j’ai l’honneur de vous signaler que le Parti Communiste aurait organisé le ramassage sur tout le territoire des armes abandonnées par l’armée française pour en constituer des dépôts clandestins ».

Le 5 octobre 1940 Un rapport de Vichy fait état : «Que le communisme est devenu le symbole de l’indépendance nationale par contraste avec la résignation générale. Octobre 1940 Le SS Sturmbahfuhrer Karl Bomelburg, chef de la Gestapo à Paris, signale à ses supérieurs le danger important auquel l’occupant est confronté : « Quoiqu’interdit le Parti Communiste est le seul des anciens Partis qui déploie encore une forte activité ».

Le 30 octobre 1940 : L’O.S. (l’Organisation Spéciale du Parti communiste) qui combattait déjà depuis quelques temps contre les occupants, a été officiellement homologuée « Unité Combattante le 30 octobre 1940 » par le ministère des Armées Françaises. Ces groupes spéciaux, constitués par le PCF en 1939, pour la protection des militants communistes recherchés par la police de Vichy, étaient des hommes aguerris, beaucoup avaient servi dans les Brigades Internationales en Espagne. Parmi les premiers animateurs de l’O.S. se distingueront des hommes qui paieront de leur vie la gloire des premières opérations militaires contre l’occupant.

La liste des survivants artisans de l’O.S. est moins longue que celle des morts. Tous fusillés en 1941 et 1942. Novembre 1940 : « Julien Hapiot, dirigeant communiste dans le Nord et Georges Capel incendient un parc automobile Allemand ». Le 4 décembre 1940 : « Roger Landini, dirigeant des jeunesses communistes dans le Var, avec ses camarades a fait dérailler en gare de triage de Fréjus-Plage, un train chargé de produits alimentaires destinés à Allemagne ». Le même mois : Eusebio Ferrari et Félicien Joly font sauter un train allemand et dynamitent la génératrice et la station de Bénory-Cumichy Le 11 décembre 1940 Au sud-est de Dijon, les groupes de l’O.S. dirigés par Jean Mahon, Chalon et Grillot, font dérailler un train de marchandise, partant pour l’Allemagne. Le 10 mars 1941, un groupe de l’O.S. abat trois soldats allemands au port de commerce de Brest. Le 30 avril 1941 un sous officier allemand est abattu à Lambersart dans le Nord par le groupe de l’O.S. d’Eusebio Ferrari. Le premier mai 1941 les groupes de l’O.S. sont dissouts et remplacé ce même jour par les FTPF et les FTP-MOI, qui eux ont officiellement été homologués « Unité Combattante » à partir de ce premier mai 1941, par le ministère des armées. Début mai 1941 A nouveau le groupe d’Eusebio Ferrari abat des soldats hitlériens à Lambersart. Toujours en mai 1941 les FTP détruisent un parc à voitures allemand à Saint-Die dans les Vosges. Fin mai début juin 1941 Déclenchement de la grande drève des mineurs. Grève organisée par les communistes : Auguste Lecœur, Michel Brûlé, Julien Hapiot, Charles Debarge. Dans le Pas-de-Calais cette grève rassemble 100 000 mineurs et prive les nazis d’une importante quantité de charbon. Le 26 mai 1941 Dans un numéro illégal de L’HUMANITE on peut lire : « Abat l’antisémitisme ! ». Et ce ne sont là que quelques unes des multiples actions menées par les communistes.

Ces quelques exemples démontrent que les communistes, contrairement à ce qu’affirme Onfray n’ont pas attendu l’attaque contre l’Union Soviétique pour prendre les armes contre les nazis et les fascistes. Au sujet de la scandaleuse calomnie à l’encontre de Guy Môquet, voici quelques documents prouvant le contraire de ce qu’à écrit Onfray : Le 30 mars 1939, sous le titre : « La dernière chance de la paix », Maurice Thorez, Secrétaire général du Parti Communiste Français écrit dans « l’Humanité » : « Le fascisme c’est la guerre. La marche des évènements depuis quelques années confirme absolument cette vérité première …. Que faire devant la menace ? Sinon unir, sinon unir tous les peuples de bonne volonté et en premier lieu la France, l’Angleterre, l’Union soviétique et par delà l’océan les Etats-Unis d’Amérique ? ». Ces phrases furent déterminantes dans l’attitude à avoir pour tous les communistes, Il fallait s’unir et combattre le fascisme. Guy Môquet. Son père député communiste fut arrêté en octobre 1939. Cette arrestation est un évènement marquant qui renforce l’ardeur militante de Guy. Avec l’occupation de Paris et l’instauration du gouvernement de Vichy, Guy déploie une grande activité pour coller des « papillons » et distribuer des tracts qui reflètent la ligne politique de son Parti. La ligne étant celle qu’avait définie par Maurice Thorez et Jacques Duclos, il fallait se battre contre le nazisme et le fascisme et ses vils serviteurs du gouvernement de Vichy.

Les diffamations du répugnant Onfray prouvent que Guy Môquet et ses camarades ne pouvaient qu’avoir appliquer les directives de la direction de leur Parti et prétendre autre chose comme il le fait, relève de la salissure volontaire d’une des figures les plus emblématiques de la résistance française. Notre lettre aura eu entre autre comme tâche de vous démontrer qu’Onfray n’est qu’un vulgaire falsificateur et que par ses calomnies il porte atteinte à tout le monde de la Résistance. Vous devriez à l’avenir choisir un peu mieux les personnes que vous présentez car nous sommes contraints de penser que vous partagez leurs avis en les présentant avec tant d’égards. Conclusion : Onfray n’est qu’un salopard*. Cela n’est pas une insulte mais une constatation. *Salopard, la définition de ce mot donnée par le dictionnaire Larousse est la suivante : « Salopard – Individu sans scrupule qui agit envers autrui d’une façon ignoble».

Léon Landini
Président de l’Amicale des Anciens FTP-MOI des Bataillons Carmagnole-Liberté Officier de la Légion d’Honneur – Médaille de la Résistance – Grand Mutilé de Guerre (suite aux tortures endurées pendant son internement) membre du Comité d’Honneur du Musée de la Résistance Nationale de Champigny.

Ces communistes. (Il en existe des exemplaires au Musée de la Résistance Nationale à Champigny).

 

Résistance. Courage et savoir-faire des ouvriers du livre

le 02 April 2014

Résistance. Courage et savoir-faire des ouvriers du livre

La Marseillaise clandestine n’aurait jamais pu sortir sans l’engagement des rotativistes et linotypistes des imprimeries marseillaises. Leur rôle a aussi été primordial à la Libération.

Née dans la clandestinité en 1943, avant sa sortie officielle en 1944, la Marseillaise a bénéficié de l’engagement de résistants qui ont pris la plume pour assurer des contenus appelant à l’effort de résistance.

Mais rien n’aurait été possible sans les ouvriers du livre, travaillant dans différentes imprimeries marseillaises. A cette époque en effet, le secteur était développé à Marseille, tant dans les différents titres de presse que dans des imprimeries artisanales. C’est grâce à eux qu’énormément de matériel a ainsi pu être « sorti » des imprimeries officielles -la presse était aux mains de l’Occupant nazi et des collaborateurs- pour le transmettre à la Résistance. L’ensemble de l’information était alors sous le contrôle d’un service de presse et de censure.

Le matériel pris dans les imprimeries de journaux collabos

Tant que la Marseillaise a été imprimée clandestinement chez Tournel à Aix, le besoin de matériel était moindre, même si déjà du plomb était volé au Petit Marseillais. C’est lorsque l’imprimeur aixois a été découvert que le Front national de libération de la France a décidé de déménager et diversifier ses lieux d’impression. Et que la vraie course au matériel a commencé.

Les risques étaient énormes. Rien n’aurait été possible si les ouvriers avaient déserté leur lieu de travail. C’est parce qu’ils ont continué à travailler, y compris dans des organes de la Collaboration, que l’exfiltration de matériel a été faisable. La presse collabo aura aidé la Résistance sans le savoir…

Le résistant Louis Obré, imprimeur au Petit Marseillais, jouera un rôle capital. Il recrute chez les ouvriers communistes. « Lucien Hadjaj me dit ses besoins et je commençai à récupérer en vidant les casses du Petit Marseillais, à emporter filets et interlignes sous la garde vigilante d’un jeune typo, Georges Estubier avec qui j’étais ami », a-t-il témoigné après guerre dans nos colonnes. « Je le mis en page chez Fantini, rue Ricard, à la Belle de Mai, les filets étant coupés à l’aide d’un marteau et de couteaux de cuisine obligeamment prêtés par sa mère et sa femme. D’autres impressions eurent lieu chez Pasquini, rue d’Endoume, où nous déversâmes, un jour, une boîte d’encre au milieu de la salle à manger, avec toujours comme moyen d’impression cette presse à épreuves à main. » Ainsi seront tirés jusqu’à août 1944 les numéros clandestins. Le titre connaît quelques évolutions typographiques au fur et à mesure. Jean de Bernardy et Charles Alfonsi font notamment partie de ces petites mains qui, la nuit, composent.

Le centre d’impression est installé rue Isidore-Dagnan, aux Chutes-Lavie, sous la direction de Lucien Hadjaj. André Remacle qui fut un des fondateurs de la Marseillaise, avait évoqué cette période dans notre numéro spécial 45e anniversaire. « On s’interpelle, on se rencontre. On se retrouve. on se reconnaît. Ceux-ci sont penchés sur le papier pour résumer l’histoire de ces dernières journées. Ceux-là composent les articles. Ceux-là mettent en page. Ceux-là font les titres. Sur le marbre, ce long plateau de fonte, les formes se construisent : des grands caractères pris par les typos dans les casiers contenant les lettres majuscules. »

M-A-R-S-E-I… petit à petit ces ouvriers composent ce qui deviendra le premier titre de la Marseillaise légale : Marseille est libérée. L’engagement clandestin se poursuivra au grand jour tout au long de l’histoire de notre journal.

Sébastien Madau (La Marseillaise, le 2 avril 2014)

Pour en savoir plus :

  • « La Résistance chez les fils de Gutenberg dans la deuxième guerre mondiale », sous la direction de Paul Chauvet, imprimé à compte d’auteur, 1979.
  • « Imprimeurs et éditeurs dans la Résistance », sous la direction de Laurence Thibault, préface de Raymond Aubrac, la Documentation française, 2010.

Ces hommes et femmes de l’ombre

Imprimeurs, rotativistes ou linotypistes, ils ont bravé le danger pour sortir la Marseillaise clandestine. Liste non exhaustive.

Louis Obre. Membre de la CGT et du PCF, il créa avec son frère Lucien un groupe technique destiné à organiser et assurer le travail de composition. Il supervisait la sortie du matériel des ateliers du Petit Marseillais. Il assura que le directeur technique de ce journal collabo était résistant.

Jean De Bernardy. Arrêté à Marseille pour activité communiste. Libéré du Fort Saint-Nicolas, il alla travailler au Petit Marseillais. Il façonnait le plomb pour composer la Marseillaise. Il mourra au maquis les armes à la main en juin 1944.

Lucien Hadjhadj. Typographe communiste, il œuvra dans la clandestinité après l’interdiction du PCF. Jusqu’à la Libération il assura l’impression de journaux clandestins.

Henri Vincent. Rotativiste au Petit Marseillais, il sortait le plomb. Il rappela qu’à cette époque, pouvaient se tirer 40.000 exemplaires de tracts ou journaux clandestins en huit heures.

M. Tibaron. Homme de l’ombre par excellence, cet imprimeur parla très peu après guerre de son activité. Certains recoupements certifient qu’il imprimait la Marseillaise dans un vieux local à charbon de l’hôpital Sainte-Marguerite alors que celui-ci était occupé par les Allemands.

Et aussi. Charles Alfonsi, Lucien Grimaud, Marcel Nizzoli, M. et Mme Maurizi, Louis Fraisse, Mario Cresp, M. Pasquini, M. Fournier, Paul Lamprai, Désiré Negre, François Fraancisca, Raphaël Ferrache, M. Tabah, Charles Levy, Sauveur Nocella, César Tuppo, James Alloise, François Sarti, Lucien Rosso, Georges Estubier, Mme Paul, Madeleine Laurent.

La Marseillaise, le 2 avril 2014

Isle-sur-Sorgue: Le 16 mars commémoration de l'exécution de notre camarade Louis Lopez

Par Section Oswal Calvetti, le 09 March 2014

Isle-sur-Sorgue:  Le 16 mars commémoration de l'exécution de notre camarade Louis Lopez

 

 

 

Il s’appelait Louis Lopez et était né le 3 août 1916 à Albox, en Espagne, dans la province d’Almería.

Son père, André Lopez et sa mère, Célina Sanchez, étaient venus s’établir à l’Isle-sur-la-Sorgue. Ils habitaient sur l’ancienne Place de la Juiverie, d’où, aujourd’hui, part une rue qui porte son nom sans qu’une plaque ne mentionne cependant son activité de résistant et son assassinat. 

Ouvrier agricole, Louis Lopez  avait rejoint les rangs du Parti communiste. Du combat politique au grand jour, il était passé, dans les rangs des FTP-FFI, à celui de la clandestinité.

 

En 1944, L’Isle-sur-la-Sorgue est sévèrement contrôlée par les forces allemandes. Et pour cause, puisque toute la région est le lieu de l’activité de différents maquis qui effectuent par exemple des sabotages sur la ligne de chemin de fer reliant Cavaillon à Avignon. Le groupe franc Kléber, dont la base arrière se situe dans les collines surplombant Lagnes, à la ferme du Chat, le maquis FTP Jean Robert qui regroupe des éléments sur L’Isle, Velleron, Pernes et les environs. D’autres encore…

 

Les forces de répression, servilement soutenues par les collaborateurs de tous poils, peuvent compter sur la sinistre Division Brandebourg, qui compte dans ses rangs des collaborateurs français issus du PPF de Doriot, parti dont plusieurs des fondateurs du Front National en 1973 faisaient alors partie, et qui s’illustrera par sa barbarie en exécutant 5 patriotes à Barbarenque au Beaucet, avant d’organiser la tuerie de Valréas puis de fusiller 4 habitants de L’Isle le 22 août 44.  

 

Dans la nuit du jeudi 16 mars 1944, Louis Lopez , qui assure un transport d’armes, est intercepté lors d’un barrage filtrant, cours Émile Zola, sur la route du Thor. Il est immédiatement passé par les armes sur les lieux mêmes de son arrestation, là où aujourd’hui est apposée la plaque rappelant son sacrifice.

442 Cours Emile Zola 

 

 

La politique de terreur va s’intensifier. Quelques jours plus tard, ce sera au tour de notre camarade Abel Sarnette d’être abattu  sur la route qui mène à Caumont. Puis, le 22 août, quatre habitants de L’Isle seront fusillés dans l’enceinte du Lycée Benoit, dont Marius Monnier, ouvrier de fabrication, comme le sera aussi Marcel Chalier qui abritait volontiers des résistants en transit…

 

Aujourd’hui, au moment où un certain Cavasino, qui accompagnait le mois dernier son mentor, Jean-Marie Le Pen, celui-là même qui a osé écrire que « l’occupation allemande  n’a pas été particulièrement inhumaine en France même s’il y eut des bavures inévitables dans un pays de 550 000 kilomètres carrés », dans les rues de l’Isle, sollicite les suffrages de ses habitants en étalant un « patriotisme » qui n’est que chauvinisme et étroitesse d’esprit, l’exemple de Louis Lopez , né en Espagne, comme ceux de Missak Manouchian, Olga Bancic ou Thomas Elek, « étrangers mais nos frères pourtant », mérite d’être rappelé par toutes celles et ceux qui se réclament des valeurs de la France de 1789, de la Commune de Paris et du Conseil National de la Résistance.

 

 

La Section Oswald Calvetti du Parti communiste français.

 

 

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pcf 0La Section Oswald Calvetti  vous invite 

 

à rendre hommage à Louis Lopez

à l'occasion du 70 éme anniversaire de son assassinat

Dimanche 16 mars à 11H

Sur les lieux de son exécution

442 Cours Emile Zola à l'Isle-sur-Sorgue

 

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Appel: La section Oswald Calvetti du PCF recherche  documents, informations et témoignages sur:

- Nos Camarades Louis Lopez et Abel Sarnette

- La Résistance à l'Isle et ses environs

Contactez: RougeCerise84@hotmail.fr

 

 

 

20140224-CP-Tergnier-Une exposition sur les convois de résistants [Mémoire Vive]

le 25 February 2014

20140224-CP-Tergnier-Une exposition sur les convois de résistants [Mémoire Vive]

L’Affiche Rouge. Comme eux, « ne jamais renoncer »

le 23 February 2014

L’Affiche Rouge. Comme eux, « ne jamais renoncer »

Hommage rendu, hier, à Manouchian et à ses 22 camarades pour le 70e anniversaire de leur mort.

70 ans déjà que « les fusils fleurirent », le visage et le regard d’une volonté redoutable de Missak Manouchian, au square éponyme du boulevard Charles-Livon (7e), sont là pour nous rappeler la lutte à la vie, la lutte à la mort de ces 23 partisans qui ne voulaient pas mourir, mais qui à l’aube de la libération contre le nazisme, ont été fusillés au Mont-Valérien par la Gestapo avec la complicité de Vichy.

C’était un 21 février 1944. Hier, un vibrant hommage a été rendu à ces internationalistes par des militants associatifs, des élu(e) s, la jeunesse arménienne de France dont son organisation, JAF, est à l’origine de l’initiative, plus tous les Marseillais(es) animé(e)s par les mêmes valeurs que ces résistant(e)s de la première heure. Au nom de l’Anacr, Jean-Paul Chiny dénonce « les voix niant les victimes du nazisme ». Et salue les combattants armés de « l’Affiche Rouge qui se sont levés pour défendre les valeurs de notre France humaniste et généreuse. La Résistance a sauvé l’honneur de la France ».

La Résistance universelle

Julien Harounyan, Président de la JAF, nous invite à ne pas oublier ces libérateurs et ceux qui sont morts dans l’anonymat. « Ces 23 étrangers aux noms imprononçables devraient rejoindre le Panthéon. » Et de se tourner vers les élus et les parlementaires pour qu’ils agissent dans ce sens. « La meilleure réponse au repli sur soi, à la haine, c’est cet esprit de Résistance incarné par Manouchian qui nous pousse aussi à agir. »

Pour le colonel Hovsep Hovsepian, ancien combattant d’Arménie, « Manouchian et ses camarades sont un exemple de Résistance universelle, donnée à l’Humanité » et « vous [le public. Ndlr], vous êtes les héritiers moraux de la France debout, solidaire, unie, des Lumières ». Christophe Masse (CG) évoque leur engagement venu de loin et la France, la terre d’adoption à défendre. « Ils sont dignes de notre République libre et indivisible. »

Jean-Marc Coppola (CR) souligne « la soif de vivre de ces "étranges étrangers" et un Missak Manouchian dont les idéaux communistes le firent entrer en Résistance dès 1934 quand les fascistes battaient le pavé parisien. Quand je vois ce visage magnifique poser ses yeux sur la ville, nous voulons être dignes de l’homme qu’il a été, toujours résister, ne jamais renoncer, conquérir de nouveaux espaces ». Marie-Arlette Carlotti (Ministre PS) fait « nôtre leur histoire. L’appartenance à une même communauté humaine, la mémoire du côté de la vie contre l’amnésie que nous devons combattre. Soyons à l’écoute et vigilants ». « C’est pour cette République, pour ses valeurs que Missak Manouchian et ses camarades se sont battus », affirme Patrick Mennucci (Député). « Leur groupe était à l’image de la République. La France n’était pas seulement une terre d’asile mais aussi une terre de liberté. »

Simon Azilavian, Président des anciens combattants et résistants français d’origine arménienne, osait espérer que « 70 ans après, le monde laisserait place à l’humain plutôt qu’au profit mondialisé ». Enumérant les guerres depuis celle du Golfe jusqu’au Mali en passant par le dernier génocide, celui des Tutsi, « plus que jamais nous devons agir pour la fraternité ». Il en appelle au « réveil des consciences individuelles et collectives ». Des voix enfantines ont fait vibrer Le Chant des Partisans à côté du buste du responsable militaire de la région parisienne des FTP-MOI, Missak Manouchian.

Piédad Belmonte (La Marseillaise, le 23 février 2014)

Toujours, dans nos cœurs

Celestino, Olga, Georges, Joseph, Rino, Thomas, Spartaco, Maurice, Emeric, Joseph, Léon, Jonas, Szlama, Armenak, Cesare, Marcel, Stanislas, Amedeo, Roger, Willy, Antonio, Wolf, Robert. « Ils étaient 23 étrangers et nos frères pourtant », dont une sœur Olga Bancic qui sera ignoblement torturée et décapitée à la hache dans une prison de Stuttgart, le 10 mai 1944.

Comme nombre de ses camarades, la plupart communistes, elle sera solidaire de l’Espagne républicaine en envoyant des armes, épousera un ancien des Brigades internationales et donnera naissance à une petite Dolorès en hommage à la Pasionaria, dirigeante du PCE, Dolorès Ibarruri. Tous aimaient la vie, ils ne voulaient pas mourir. Marcel Rayman, 20 ans, juif polonais, écrit à sa mère : « Ma chère petite maman (…). Je ne puis te dire qu’une chose, c’est que je t’aime plus que tout au monde et que j’aurais voulu vivre rien que pour toi (…). Je t’adore et vive la vie. » A son frère Simon, il dit : « Je compte sur toi pour faire tout ce que je ne puis faire moi-même. (…) Vive la vie belle et joyeuse comme vous l’aurez tous. » Des paroles pleines d’amour et d’enthousiasme à des êtres chers, le frère reviendra de déportation, la mère périra dans l’univers concentrationnaire.

Le poète communiste Louis Aragon immortalisa à jamais la révolte antifasciste des protagonistes de l’Affiche Rouge par un poème, puis Léo Ferré perpétua en paroles leur mémoire dans nos cœurs, nos esprits, nos actions au-delà du temps, des frontières, pour toujours.

La Marseillaise, le 23 février 2014

20140207-CP-Montdidier-Élisabeth H.-Aubrac parle de sa Résistance

le 07 February 2014

20140207-CP-Montdidier-Élisabeth H.-Aubrac parle de sa Résistance

Histoire et parcours de Raymond Aubrac

le 05 February 2014

Au Polygone étoilé
1, rue Massabo
13002 - Marseille

Samedi 22 février à 15h30

Histoire et parcours de Raymond Aubrac à travers deux films réalisés par Pascal Convert et Fabien Béziat. Cette projection sera accompagnée par une rencontre avec les réalisateurs.

15h30 Raymond Aubrac. Les années de guerre

Ce premier film raconte l'histoire de l'engagement de Raymond Aubrac dans la Résistance au côté de son épouse Lucie. Des premiers mouvements de contestation jusqu'à la tâche confiée par Jean Moulin d'unifier les mouvements de résistance. Raymond Aubrac a joué un rôle aussi discret que fondamental.

18h Raymond Aubrac. Reconstruire

Le deuxième volet est consacré aux engagements multiples de Raymond Aubrac après-guerre. Se définissant lui-même comme "compagnon de route du Parti Communiste". Raymond Aubrac sera nommé Commissaire de la République à Marseille puis responsable du déminage au sein du Ministère de la Reconstruction.

On y découvre un pan méconnu de son engagement dans l'histoire de la décolonisation, son amitié avec Ho-Chi-Minh et le rôle fondamental qu'il joua dans les négociations entre les États-Unis et le Nord-Vietnam qui aboutirons aux accords de paix en 1973.

20140202-CP-Mouy-Les femmes aussi étaient résistantes en Picardie

le 02 February 2014

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