Fédération de la Gironde

Fédération de la Gironde
Accueil

20140129-OH-Mouy-La lecture des micro-événements [de la Résistance] se donnent en spectacle à la salle Bashung

le 29 January 2014

20140129-OH-Mouy-La lecture des micro-événements [de la Résistance] se donnent en spectacle à la salle Bashung

20131209-CP-Amiens-Julia Lamps, la combattante

le 10 December 2013

20131209-CP-Amiens-Julia Lamps, la combattante

France 3 Picardie-JT 19-20-Amiens : la résistante communiste Julia Lamps nous a quittés - 8 décembre 2013

le 09 December 2013

France 3 Picardie-JT 12-13-Amiens : la résistante communiste Julia Lamps nous a quittés - 8 décembre 2013

le 09 December 2013

Pernes: "La tragédie du maquis d'Izion la Bruisse", samedi au Musée de la Résistance.

le 03 December 2013

Pernes:

 

Le Maquis du Ventoux. Arrestation par la Milice des Fusilés d'Izon la Bruisse

 

 

L'association des Anciens Combattants de la Résistance et Amis de la Résistance du canton de Pernes recoit ce Samedi 7 Décembre, de 14 à 16 heures, au Musée de la Résistance de Pernes, Place Reboul au centre de Pernes, l'Association pour la Mémoire de la Résistance et de la Déportation dans les Hautes Baronnies, pour la présentation du livre : 

 

"LA TRAGEDIE DU MAQUIS D'IZON LA BRUISSE"

 

Izon la Bruisse, Izon, est une petite commune dans les Baronnies, à quelques kilomètres de Séderon, où le 22 Février 1944, 35 maquisards ont été fusillés, massacrés par la Milice Française et les Nazis.

 

Ce livre de 196 pages vous sera présenté et proposé par Robert Pinel, dynamique Président de l'Association pour la Mémoire de la Résistance et de la Déportation dans les Hautes Baronnies. Robert Pinel est le beau-frère de notre cher camarade Albert Cordola, nom de déporté Placide.

 

Un ouvrage riche, qui reprend la vie de chacun des 35 martyrs.  L'Histoire du Maquis d'Izon est décrite jusqu'au jour du massacre, sans oublier le récit de ce triste jour par les témoignages écrits du seul rescapé.

 

Bref, une belle rencontre en perspective au Musée de la Résistance de Pernes. Le livre sera proposé à la vente, ce qui sera un beau cadeau de Noël, pour les passionnés d'Histoire.

 

Le Musée sera, bien sûr, ouvert à la visite pendant ce bon moment, où des anciens résistants, maquisards et déportés seront là pour témoigner sur leurs différents parcours.

 

 

---------------------------------------------------------------

Fralib: Samedi 7 décembre

 Journée nationale de boycott 

des marques Unilever

 

Capture d’écran 2013-10-22 à 21.14.06

---------------------------------------------------------------

 

 

La Marseillaise. « Voilà le premier numéro, je l'ai entre les mains » !

le 30 November 2013

La Marseillaise. « Voilà le premier numéro, je l'ai entre les mains » !

Retour sur les conditions de confection des premiers numéros clandestins en 1943 avec le résistant Pierre Brandon au cœur du dispositif.

« La voilà, je m'arrête de penser, de respirer, d'écrire. Je ne suis plus que joie, joie, joie ! Je la tiens entre les doigts avec amour, gratitude et fierté. C'est ma Marseillaise ! ». Telles sont les premières pensées du résistant Pierre Brandon, nom de guerre Balzac. Il tient en main le premier numéro de la Marseillaise clandestine que la direction du Front national de libération lui a demandé de fonder. « J'imagine un agent de la Gestapo à Marseille. Crevant de rage et de trouble à l'idée de ce que ses chefs vont lui dire. Et la gueule du Préfet de Pétain ? Il me semble que désormais j'aurai moins peur de mourir entre leurs mains. Je me dirai : les salauds, je leur ai foutu la Marseillaise dans la gueule ». Nous sommes le 1er décembre 1943.

Pierre Brandon, qui deviendra le premier directeur du journal à la Libération, a quasiment rédigé seul ce premier numéro, mais les contributions ont été nombreuses. Notamment l'imprimeur Tournel, rue Bédarrides à Aix. C'est lui qui a permis à la Marseillaise, certes d'exister dans la clandestinité, mais de sortir de l'intimité.

Au départ, Pierre Brandon se rend chez cet imprimeur conseillé par le docteur marseillais Paret, lié à la résistance. Juste pour récupérer de l'encre. Le plomb est lui sorti par les ouvriers du livre résistants du Petit Marseillais, le quotidien collaborationniste. L'encre est fournie gratuitement par l'imprimeur Tournel qui a une dette morale envers le docteur Paret. Ce dernier a en effet évité à son fils un départ en Allemagne au Service du travail obligatoire (STO) en le déclarant faussement tuberculeux. De plus, il tire des tracts et journaux de la Milice. Et culpabilise. « En vous donnant de l'encre, j'ai l'impression que je me rachète » affirme le commerçant. Devant cette bonne volonté, Brandon y va au culot : il lui demande s'il serait disposé à carrément imprimer tout le journal. Ce sera toujours mieux que la ronéo. L'accord est conclu. Il porte sur 15.000 exemplaires. Un tirage colossal pour l'époque, surtout à distribuer sous le manteau.

Pierre Brandon « Balzac » se met à découper, coller, écrire des articles relatant les comptes rendus des comités locaux, un éditorial ou des avis de condamnations à mort dans son appartement de la rue Clovis-Hugues à la Belle de Mai, un quartier populaire de Marseille. Il a huit jours devant lui pour apporter les contenus à Tournel. Comble du sort, dès le lendemain de l'accord avec l'imprimeur, la Gestapo frappe au bas de son immeuble. Brandon et son épouse Maria se sentent menacés. Finalement, c'est un voisin qui sera inquiété. Mais le couple a tout jeté, par précaution, dans une cuisinière à charbon. Il ne reste plus que sept jours pour refaire tout ce qui a brûlé. Pierre Brandon passe deux nuits à confectionner la Marseillaise qui sortira en recto verso format 23,5 sur 32.

Les 15.000 exemplaires sortent de l'imprimerie répartis dans 30 gros paquets avec la mention « LVF Ligue des volontaires français », une organisation fasciste. Histoire de ne pas éveiller les soupçons.

Les exemplaires sont livrés par un gazogène et déposés à la vue de tous, à 8h du matin dans un kiosque du boulevard Longchamp. La vendeuse est de mèche. Catherine est courrier dans la résistance. Mais jamais elle n'a couvert de telles opérations. « Je passe mes journées à vendre les journaux de Pétain, je ne peux quand même pas refuser les journaux de la Résistance, pour une fois qu'il y en a un  ! ». Il faudra une matinée pour les évacuer, à trois  : Brandon, Maria, et un résistant docker du nom de guerre Jaurès.

On retrouve des exemplaires du journal collés sur les murs

Ils prennent des chemins différents mais se rejoignent dans l'appartement de la Belle de Mai. « Quelle joie, comme on se bat bien ! Ce qui domine c'est évidemment un immense sentiment de fierté » rapporte Brandon. Les exemplaires sont dissimulés dans une cache des WC communs de l'immeuble. Combien de fois, les articles en cours de rédaction ou les exemplaires stockés sont partis dans les toilettes et évacués par la chasse d'eau dès que la Gestapo approchait ! Et on recommençait tout…

Brandon fait régulièrement les allers-retours à Aix avec le Docteur Heinrich, alias Ajaccio. Ce dernier, de part sa profession, bénéficie d'une allocation essence, en plus du permis de circuler jour et nuit. Le transfert des manuscrits est du coup sécurisé.

La mission de Pierre Brandon est réussie. « la Marseillaise » clandestine se diffuse, on en retrouve même collées aux murs. A Marseille bien sûr, mais le réseau s'étend aussi dans le Gard, le Vaucluse, l'Hérault et le Var.  L'organe se fait le relais des mobilisations, des actes de résistance, de l'évacuation des vieux quartiers de Marseille qui conduira à la déportation de milliers de personnes. la Marseillaise appelle à résister. « Quitter notre ville c'est trahir la France » titre-t-elle.

Mais au bout d'une demi-douzaine de numéros, l'imprimerie Tournel est découverte. Un étudiant pétainiste aixois se réjouit par avance. « Nous allons mettre la main sur un centre important de la Résistance. Par certains de mes amis de la faculté d'Aix, je sais que l'imprimerie de la Marseillaise a été découverte par la Gestapo. Les rédacteurs, donc les dirigeants, vont s'y rendre. Ils seront filés. Et toute la pyramide va s'écrouler ! ». Des étudiants s'étaient en effet retrouvés avec dans les mains des bulletins de la Milice et la Marseillaise et avaient noté la similitude des caractères typographiques. Sauf que l'étudiant livre son secret… au Docteur Heinrich alias Ajaccio. Celui-là même qui accompagnait Brandon pour faire imprimer la Marseillaise !

Comment avertir l'imprimeur ? On charge une résistante de Port-de-Bouc d'aller acheter du fil à aiguille à la mercerie de l'épouse Tournel. Elle leur intime de quitter les lieux sans attendre. Ils seront sauvés. Le lendemain, l'étudiant collabo retrouve Heinrich : « les salauds, ils nous ont échappé ».

A partir de là, la reprise en main de l’activité d'imprimerie sera assurée par l'ouvrier du livre Louis Orbe. Premier impératif : trouver du matériel. « (Lucien) Hadjaj me dit ses besoins et je commençai à récupérer en vidant les casses du Petit Marseillais, à emporter filets et interlignes sous la garde vigilante d’un jeune typo, Georges Estubier avec qui j’étais ami » relatait-il y a quelques années dans la Marseillaise.

Les premiers numéros sortent. « Je le mis en page chez Fantini, rue Ricard, à la Belle de Mai, les filets étant coupés à l’aide d’un marteau et de couteaux de cuisine obligeamment prêtés par sa mère et sa femme. D’autres impressions eurent lieu chez Pasquini, rue d’Endoume où nous déversâmes, un jour, une boîte d’encre au milieu de la salle à manger, avec toujours comme moyen  d’impression cette presse à épreuves à main ».  Le titre en 42 Cheltenham cap et le sous-titre en 14 Chelt. Ital.

Plusieurs numéros sont ainsi tirés. « Beaucoup plus tard le Front National, impulsé par Cresp et Rouqier, rassembla à son tour du personnel parmi lesquels d’Onofrio Edmond, Nizzoli Marcel et Lucien Grimaud ». Mais les besoins sont en constante augmentation. Le centre d’impression est installé rue Isidore-Dagnan, aux Chutes-Lavie, dans une villa louée par Maurizi et sa femme Marinette, tous deux militants clandestins. Hadjaj dirige l’imprimerie. Douze numéros sortiront au total.

« la Marseillaise » présente dans les combats de la Libération

Dans la nuit du 22 au 23 août 1944, la ville est sur le point d'être libérée. La Résistance prend d'assaut les locaux de la presse pétainiste abandonnés par ses dirigeants fuyards. Le Front National s’installe à la
place du « Petit Marseillais » (toujours les locaux actuels de la Marseillaise, cours d'Estiennes d'Orves, ndr) pour éditer la Marseillaise, le Parti communiste dans les locaux du « Soleil » et y publie « Rouge-Midi ». « Il s'agit de faire passer cette Marseillaise de son enfance glorieuse de petite feuille ronéotypée, puis imprimée à l'adolescence d'un vrai journal » rapportait en 1964 André Remacle dans « Le Roman de la Marseillaise ».

La nuit suivante Marseille est secouée par les bruits du canon. Les « formes » sont serrées, pressées sous la prise d'empreinte, coulées, portées aux rotatives et bientôt le premier numéro de la Marseillaise dans le papier tendu autour des rouleaux jaillit de la rotative. Ce matin du 24 août, le premier numéro officiel sort. la Marseillaise titre « Marseille est libérée ». Les Marseillais sortent après les combats et le journal s'arrache.

Les cinq premiers numéros relateront les combats. Les clichés de la photographe membre des FTP-MOI Julia Pirotte font leur apparition. Sur la façade trois drapeaux sont tendus : France, Grande-Bretagne, Etats-Unis… mais pas Soviétique car personne n'en a sous la main. « Il n'y a qu'à en faire un » lance un résistant communiste. Des résistantes s'installent dans le hall et le confectionnent, avant de le hisser et le faire flotter sur le toit. Dans un élan d'espérance en des lendemains qui chantent, on affiche sur la façade un message fort : « Du balayeur au directeur tout le monde est égal ».

« la Marseillaise » sort définitivement de l'ombre. Pour 70 ans (et plus) d'engagement en faveur du progrès social et du droit à l'information.

Récit Sébastien Madau (La Marseillaise, le 30 novembre 2013)

Sources ayant fortement inspiré ce récit : archives de la Marseillaise, le livre de Pierre Brandon « Coulisses de la Résistance à Toulouse, Lyon, Marseille et Nice » (éditions L'Harmattan) et « Le Roman de la Marseillaise » de André Remacle publié dans nos colonnes en 1964. Avec l'aide également des services des archives et de sténographie.

Morts pour la France

Durant l'été 1944, les combats ont été âpres alors qu'il s'agissait de chasser l'Occupant. Si la Marseillaise a joué son rôle en tant que journal, plusieurs de ses membres ont aussi contribué à l'effort les armes à la main. Trois membres de la Marseillaise sont morts pour la France.

Jean De Bernardy

Né le 8 novembre 1908 à Marseille, il a été tué au combat le 16 juin 1944 à Saint-Antonin-sur-Bayon (Bouches-du-Rhône). Typographe, militant du Syndicat du Livre et communiste, Jean De Bernardy avait exercé dans des journaux comme Le Sémaphore ou Le Petit Marseillais.

En septembre 1939, alors qu'il travaillait à l’imprimerie Mancini, il fut inculpé pour propagande en faveur de l’Internationale communiste. Arrêté le 19 octobre 1940, il bénéficia d’un non-lieu en mars 1941 mais fut à nouveau arrêté après dénonciation, le 23 juillet 1943, pour diffusion de tracts. De Bernardy avait été l’un des créateurs de l’équipe clandestine de Rouge-Midi. Torturé et interné au camp de Saint-Sulpice, il put s’en évader et regagner la région marseillaise où il reprit ses activités. En avril 1944 il entra à la Marseillaise clandestine tout en participant à la lutte armée des FTPF au maquis de Saint-Antonin-sur-Bayon (13). C’est là qu’il fut tué au combat, le 16 juin 1944. Une rue porte aujourd'hui son nom à Marseille.

Source : lemaitron.org

Mala Kriegel

La résistante Mala Kriegel d'origine polonaise a été victime de l'armée allemande alors qu'elle circulait dans une voiture de la Marseillaise. Le journal en fera état dans ses colonnes. Le véhicule se dirigeait vers Notre-Dame Limite lorsqu'au carrefour du boulevard  Oddo il tomba en panne. Aussitôt une patrouille allemande entoura la voiture. Tandis que quelques-uns des soldats fouillaient les passagers sans trouver sur eux aucune arme, les autres allaient se poster un peu plus loin. Les voyageurs eurent d’abord l’impression qu’ils allaient être emmenés comme prisonniers. Quand tout à coup, les Allemands s'écartèrent et ordonnèrent de tirer sur les résistants. L’un deux, indemne, put s’échapper mais les trois autres étaient blessés. Une ambulance de la Croix-Rouge les transporta au Centre d’Hygiène Mentale, où ils reçurent aussitôt des soins. Mais Mala Kriegel succomba le lendemain. Julia Pirotte, une des photographes de la Résistance ayant publié des clichés dans la Marseillaise, a livré une émouvante photo des obsèques.

Léon Paranque

Originaire de Tourves (83), Léon Paranque est mort les armes à la main le 19 août 1944 à Pourrières à l'âge de 37 ans et ce alors que la zone était sur le point d'être libérée. Il était membre du réseau Alliance. Une rue porte son nom dans sa commune d'origine.

Et La Marseillaise se mit à résister dans l'ombre

le 30 November 2013

Et La Marseillaise se mit à résister dans l'ombre

Il y a 70 ans, notre journal sortait son premier numéro clandestin pour lutter contre l'Occupant. Le début d'une aventure au cœur de tous les combats.

Le 1er décembre 1943, défiant l'occupant nazi, naissait « la Marseillaise », organe du Front National de lutte pour la libération de la France (organisation créée par le Parti communiste clandestin qui rassemblait tous ceux qui luttaient pour la libération).

Ce numéro fut diffusé à 15.000 exemplaires. Il préparait l'insurrection libératrice de Marseille, valorisait l'organisation de comités locaux de quartiers, d'entreprises, de communes. Il combattait la propagande de Vichy en valorisant le rôle des résistants. Il informait des nombreuses actions de cette « armée de l'ombre », indiquait à ses lecteurs les heures d'écoute de Radio-France Alger, Radio Londres, Radio Moscou ou Radio New-York et fournissait les longueurs d'ondes. Douze numéros clandestins ont paru avant le premier numéro légal du 24 août 1944.

Il en a fallu du courage, de l'abnégation, de l'intelligence pour que la résistance à la barbarie puisse s'exprimer. Jean De Bernardy, Mala Kriegel et Léon Paranque ont donné leur vie pour que le journal existe. C'est Pierre Brandon, chargé par la direction du Front National de le développer en Provence et en Languedoc, qui a impulsé la création de « la Marseillaise ». Les premiers numéros étaient imprimés à Aix-en-Provence.

La presse clandestine servait à maintenir le moral des patriotes, et de liaison entre les soldats sans uniforme. Il n'y avait pas que « la Marseillaise ». D'autres titres comme « Espoir », « Combat », « Libération », « Franc-Tireur », « Rouge-Midi », « La Voix de la Patrie », etc. ont aussi contribué.

Les temps ont changé. Mais, dans ce journal, nous n'oublions pas d'où nous venons. Le combat pour l'émancipation humaine, celui contre toutes les oppressions, le racisme et l'antisémitisme, pour la Paix et la Liberté, est toujours d'actualité. Nous le menons aujourd'hui, marqués que nous sommes par les valeurs de la République et du Conseil National de la Résistance. Nous avons l'ambition de donner à nos lecteurs les éléments pour qu'ils se fassent leur opinion à défaut d'être un « prêt à penser ». C'est parce que nous avons eu nos héros et nos martyrs que nous sommes fidèles aux idéaux de Liberté, d'Égalité et de Fraternité.

La récente campagne raciste et honteuse contre la ministre de la Justice, la xénophobie ambiante, la poussée de l'extrême droite nous imposent de continuer notre combat. Nous ne nous départirons jamais des engagements de ceux qui ont eu le courage et la lucidité d'inventer ce journal. Nous le faisons avec une farouche volonté d'apporter davantage d'informations et celle d'être un lieu d'expression de femmes et d'hommes, de sensibilités diverses, qui concourent à construire une société plus humaine.

Jean-Louis Bousquet Directeur Général de La Marseillais - L'Hérault du jour (La Marseillaise, le 30 novembre 2013)

En attendant la lumière

Le geste ne fut pas hasardeux, encore moins désespéré. Mais peu de certitudes étaient présentes au moment où la décision de sortir dans la clandestinité un journal relayant les actions de la Résistance a été prise. Si ce n'est la détermination d'aller de l'avant, coûte que coûte.

Cette entreprise aurait pu tomber dans l'oubli, être décapitée par la barbarie nazie et ses fidèles collaborateurs. Il n'en fut rien. 70 ans après, la Marseillaise est toujours là et les valeurs qui l'animent depuis sept décennies sont restées fidèles.

Notre journal fêtera en 2014  les 70 ans de la sortie du premier numéro officiel, le 24 août 1944. Mais il nous semblait important de commémorer également l'anniversaire de la sortie du premier numéro clandestin de 1943. Tout d'abord pour saluer le courage d'hommes et de femmes de la Résistance qui, au péril de leur vie, ont contribué à le diffuser mais surtout pour porter un message d'espoir pour l'avenir.

En effet, face à l'adversité, le fatalisme organisé, les horizons sombres et une extrême droite surfant toujours sur les peurs, les désirs d'émancipation humaine, collectifs ou individuels, finissent toujours par l'emporter à force de combats et de mobilisations. Si cela a été possible en 1944 pourquoi en serait-il autrement demain ?

Ce week-end, toute l'équipe de la Marseillaise vous invite à revenir sur les origines de votre journal qui se veut encore aujourd'hui ancré dans son temps. Et clairement à gauche.

Sébastien Madau (La Marseillaise, le 30 novembre 2013)

Rassemblement, webdoc et cahier spécial demain

A l'occasion de cet anniversaire, un rassemblement public aura lieu demain à 11h à Aix-en-Provence, rue Bédarrides, à l'endroit où ont été tirés les premiers numéros de la Marseillaise ; en présence de salariés, lecteurs, élus et amis du journal.

Pour retracer cette période de l'histoire, en plus de nos cinq pages d'aujourd'hui, un cahier spécial de huit pages sera inséré dans la Marseillaise demain avec entretiens, reportages, portraits et comme fil conducteur la résistance (d'hier et d'aujourd'hui).

Enfin, parce que complètement investi dans les nouvelles technologies, le journal propose un webdoc sur lamarseillaise.fr avec évocation de la presse clandestine, témoignages, entretiens, chronologie…

Cahier spécial dans la Marseillaise de demain et sur lamarseillaise.fr.

Repères

1943. Le 1er décembre 1943 est publié le premier numéro clandestin de la Marseillaise, « organe du Front national de lutte pour la libération de la France - Région provençale ». Il titre ce jour là à la Une « Patriotes ou terroristes ? ».

15.000 exemplaires. Selon divers témoignages, les premiers tirages des numéros clandestins étaient d'environ 15.000 exemplaires. Un chiffre énorme pour l'époque tant pour l'édition que pour la diffusion sous le manteau.

12 numéros. Entre le 1er décembre 1943 et le 23 août 1944, douze numéros clandestins de la Marseillaise seront publiés de manière militante. Le dernier numéro clandestin sortira la veille du premier numéro officiel.

1944. Le 24 août 1944, sort le premier numéro officiel de la Marseillaise. Il titre « Marseille est libérée » et propose un édito intitulé « La naissance de la Marseillaise ». De Gaulle, Churchill, Roosevelt  et Staline sont à la Une.

3 résistants membres de la Marseillaise sont morts au combat : Jean De Bernardy et Léon Paranque sont morts au maquis tandis que Mala Kriegel a été tuée à Marseille. Une plaque est apposée à l'entrée du journal.

Robert Mencherini. « Un titre porteur des valeurs de la Résistance »

le 30 November 2013

Robert Mencherini. « Un titre porteur des valeurs de la Résistance »

Historien et professeur des Universités à Aix-en-Provence, ce spécialiste de la Seconde Guerre mondiale revient sur la naissance clandestine de « la Marseillaise ».

La Marseillaise. Il y a 70 ans « la Marseillaise » naissait à l'initiative du Front national, un mouvement de résistance totalement opposé au parti d'extrême-droite aujourd'hui connu sous ce nom. Pouvez-vous nous le présenter ?

Robert Mencherini. Il s'agit plus exactement du Front national de lutte pour la libération et l'indépendance de la France. C'est un mouvement structuré par le Parti communiste qui dès le départ souhaite en faire un mouvement de masse incluant diverses sensibilités y compris des prêtres. Il naît en mai 1941 avant même l'attaque de l'URSS et se développe les années suivantes. Il se décline pour s'adresser aux différentes catégories sociales avec par exemple un front national des intellectuels. Son identité est résumée dans son titre, c'est un mouvement patriotique.

La Marseillaise. Pourquoi 1943 et pourquoi Aix-en-Provence ?

Robert Mencherini. Avoir un organe de presse est indispensable à un mouvement de Résistance pour influencer la population et rassembler les troupes. Mais durant l'Occupation les obstacles sont nombreux. La Résistance manque bien sûr d'argent et rencontre de grandes difficultés à trouver du papier et de l'encre que l'on parvient parfois à sortir des journaux officiels. Mais il faut aussi des machines pour imprimer. Souvent la police suit la trace du papier et arrête des résistants. Le choix de l'imprimerie à Aix-en-Provence a été une question d'opportunité. Beaucoup de complicités auront été nécessaires à la publication de « la Marseillaise », d'abord celle de l'imprimeur mais également pour tout le reste.

La Marseillaise. Qui étaient ses fondateurs ?

Robert Mencherini. Pierre Brandon et Marcel Guizard, des communistes responsables régionaux du Front national de lutte pour la libération et l'indépendance de la France. Le premier était initialement militant dans le Sud-Ouest, tandis que le second l'avait été à Nice. André Remacle va également jouer un rôle très important de même que son épouse Rosette. Les rédacteurs sont plutôt issus des classes moyennes, enseignants, avocats, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y ait pas parmi eux des ouvriers qui constituent d'ailleurs l'essentiel du lectorat.

La Marseillaise. Quel est le paysage médiatique régional au moment où « la Marseillaise » voit le jour ?

Robert Mencherini. Il existe deux quotidiens principaux : le « Petit Provençal » au départ plutôt de centre-gauche, de tendance radicale-socialiste, et le « Petit Marseillais », nettement à droite. Pendant la guerre, ils se ressemblent beaucoup et reçoivent un nombre incalculable de consignes adressées par la censure de Vichy. Cela va du contenu de l'information, aux choix des photos, à la grosseur des titres… Ces journaux soutiennent donc la politique de Pétain et il est difficile de distinguer la part de volonté des patrons et journalistes de celle de l'oppression d'État. A la Libération, ils seront pris par les résistants. La tendance socialiste transformera le « Petit Provençal » en « Provençal ». Et la tendance communiste, le « Petit Marseillais » en « la Marseillaise ». Parallèlement coexistera durant quelques an- nées, « Rouge midi », quotidien qui est directement l'organe du PCF.

La Marseillaise. Quels genres d'informations la Marseillaise clandestine publiait-elle ?

Robert Mencherini. A la fois des informations sur les évolutions de la guerre, les défaites de l'Allemagne, la mobilisation contre l'occupant… Un des premiers articles sur le Débarquement en 1944 passe un message clair, l'orientation défendue par les communistes : si le Débarquement a eu lieu c'est parce que les résistants sont là, il ne faut pas attendre pour prendre les armes. On y trouve aussi l'actualité sociale avec les grandes grèves de 1944, les sabotages et les exécutions de collaborationnistes. Enfin, on y lit des articles au vitriol sur les journaux vichystes.

La Marseillaise. A-t-on des témoignages sur la façon dont elle était reçue par la population ? Dans quels milieux était-elle lue ?

Robert Mencherini. Par définition, il est difficile de retrouver les traces d'une presse clandestine. Malheureusement, c'est souvent à travers des rapports de police que l'on peut en savoir quelque chose. Ici une interception postale, là des exemplaires découverts dans les vestiaires d'une entreprise. La diffusion de « la Marseillaise  » clandestine est importante en milieu ouvrier où l'implantation du PCF est forte. Mais les consignes de sécurité ne sont pas toujours respectées. Là où les militants sont découverts, l'organisation tombe, les rapports de police en témoignent également.

La Marseillaise. Comment expliquer que seule « la Marseillaise » parmi les journaux de la Résistance ait traversé le temps jusqu'à nous  ?

Robert Mencherini. Liée à un courant très puissant dans la région, « la Marseillaise » s'appuie sur un parti vraiment dominant à la Libération, le premier parti de France. Néanmoins quand dans les années 1950 les premières difficultés arrivent, il faut resserrer les rangs. « Rouge Midi » disparaît. Dans la durée, cet ancrage lui a permis de surmonter les épreuves. De son côté, « Le Méridional » favorable aux nationalisations à la Libération s'allie à « La France », explicitement gaulliste, et se positionne à droite voir à l'extrême droite pendant la guerre d'Algérie. « Le Provençal » lié quant à lui au courant socialiste très implanté également dans la région finira par l'absorber pour donner naissance à « La Provence ». « la Marseillaise » est en effet aujourd'hui le dernier journal de la région né dans la Résistance et qui en revendique les valeurs.

Entretien réalisé par Léo Purguette (La Marseillaise, le 30 novembre 2013)

Retrouvez Robert Mencherini en ligne dans le webdoc de lamarseillaise.fr

Mémoires Vivantes. Vernissage de l'exposition "Les Femmes dans la Résistance"

le 26 November 2013

Mairie des 13/14eme
Loges de la Bastide Saint Joseph
72 Rue Paul Coxe
13014 - Marseille

Jeudi 28 novembre à 18h

Cacher, héberger, nourrir, approvisionner, assurer les liaisons, rédiger : telles étaient les missions que les femmes ont assumées  dans la clandestinité entre 1940 et 1945. Mais au sein des réseaux et dans les maquis elles étaient aussi des combattantes, les armes à la main. Voici alors exposés des noms et des vies de femmes parmi les milliers et les milliers d’entr’elles qui ont participé à l’épopée de la Résistance et de la Libération de notre pays.

Exposition du 25 novembre au 6 décembre

Parking gardé gratuit (Entrée boulevard Central)

bus 27,38,31.

Horaires : du mardi au samedi de 13h à 17h. Nocturne le jeudi jusqu'à 20h.

 

« La libération du territoire et le retour à la République ». Conférence de Robert Mencherini

le 18 November 2013

Au collège Jean Claude Izzo
2, Place Espercieux
13002 - Marseille

Mercredi 27 novembre à 14h30

Concours de la Résistance et de la Déportation 2013/2014:

Robert Mencherini fera un exposé sur le thème du concours 2013/2014 « La libération du territoire et le retour à la république » avec projection de documents lors d’une rencontre

 
 
 
 
 
 
fédération de la Gironde : 15 rue Furtado 33800 Bordeaux telephone : 05 56 91 45 06 mail : gironde.pcf@gmail.com